Réouverture du PEQ : attention à ne pas idéaliser le passé
- il y a 22 heures
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Depuis que les discussions entourant une possible réouverture du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) ont repris, nous constatons un phénomène intéressant.
Pour plusieurs candidats, le simple fait d'évoquer le retour du PEQ semble suffire à reléguer le PSTQ au second plan.
Comme si le retour du PEQ devait automatiquement signifier que le PSTQ est un mauvais programme.
Comme si tous les candidats avaient intérêt à attendre.
Comme si le PEQ représentait nécessairement la meilleure option pour tout le monde.
À notre avis, cette perception mérite d'être nuancée.
Le PEQ et le PSTQ n'ont jamais poursuivi exactement le même objectif
L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à comparer le PEQ et le PSTQ comme s'il s'agissait de deux versions différentes d'un même programme.
Ce n'est pas le cas.
Historiquement, le PEQ visait essentiellement certains diplômés du Québec et certains travailleurs étrangers temporaires répondant à des critères précis.
Le PSTQ repose sur une logique différente.
Son objectif est davantage de sélectionner les personnes dont le profil correspond aux besoins actuels du marché du travail québécois.
Le marché du travail québécois ne se limite pas aux professions hautement qualifiées
Lorsque nous analysons certains commentaires publiés sur les réseaux sociaux, nous avons parfois l'impression que seuls les profils universitaires ou les professions dites prestigieuses devraient avoir accès à l'immigration permanente.
Pourtant, la réalité économique du Québec est beaucoup plus nuancée.
Le Québec fait face à des pénuries de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs.
Ces pénuries ne concernent pas uniquement les ingénieurs, les comptables ou les professionnels des technologies.
Elles touchent également l'hôtellerie, la restauration, le tourisme, les services, la transformation alimentaire, la fabrication et plusieurs secteurs présents en région.
L'exemple du serveur en région
Prenons un exemple volontairement simple.
Imaginons un serveur qui travaille depuis plusieurs années dans un établissement situé dans une région confrontée à une pénurie importante de main-d'œuvre.
Ce travailleur :
occupe un emploi essentiel au fonctionnement de l'entreprise ;
paie des impôts au Québec ;
participe à l'économie locale ;
parle français ;
est intégré dans sa communauté ;
souhaite s'établir durablement au Québec.
Sous l'ancien PEQ, ce profil n'aurait JAMAIS bénéficié d'une voie d'accès privilégiée vers la résidence permanente.
Aujourd'hui, selon les critères de sélection et les besoins du marché du travail, ce même candidat peut parfois présenter un profil particulièrement intéressant dans le cadre du PSTQ.
Autrement dit, certains candidats actuellement sélectionnés grâce au PSTQ n'auraient jamais obtenu un CSQ par l'intermédiaire du PEQ.
Cette réalité est souvent oubliée dans le débat actuel.
Le retour du PEQ ne rendra pas automatiquement le PSTQ inutile
Même dans l'hypothèse où le PEQ serait réintroduit, rien ne permet de conclure que le PSTQ perdra toute pertinence.
Les deux programmes pourraient très bien coexister.
Ils pourraient également viser des clientèles différentes.
Un diplômé universitaire récemment sorti d'un établissement québécois pourrait privilégier le PEQ.
À l'inverse, un travailleur occupant un emploi recherché dans une région du Québec pourrait continuer à trouver davantage d'avantages dans le PSTQ.
Une question de stratégie, pas de nostalgie
Le débat entourant le PEQ est souvent émotif.
C'est compréhensible.
Plusieurs personnes avaient construit leur projet de vie autour de ce programme.
Cependant, l'objectif d'un candidat ne devrait pas être d'obtenir le PEQ.
L'objectif devrait être d'obtenir la résidence permanente par la voie la plus adaptée à sa situation.
Surtout, la détresse des uns ne doit pas les inciter à demander la fin du PSTQ qui a permis à plusieurs centaines de personnes d'être sélectionnés, sélection qui aurait été impensable avec le PEQ...
Ce qu'il faut retenir
La possible réouverture du PEQ constitue une nouvelle importante et potentiellement positive pour plusieurs candidats.
Toutefois, elle ne devrait pas conduire à rejeter automatiquement le PSTQ ou à considérer que tous les candidats seraient mieux servis par un retour à l'ancien système.
Le PEQ et le PSTQ répondent à des logiques différentes.
Et contrairement à ce que plusieurs croient, certains candidats qui peuvent aujourd'hui recevoir une invitation dans le cadre du PSTQ n'auraient probablement jamais bénéficié des avantages du PEQ.
Comme souvent en immigration, la meilleure stratégie dépend moins du nom du programme que du profil concret du candidat.



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