Le PSTQ face à la crise de main-d’œuvre : trop peu, trop tard ?
- Mehdi Tenouri
- 20 août
- 2 min de lecture

Depuis l’été 2025, le PSTQ est au cœur de la stratégie d’immigration économique du Québec. Structuré en quatre volets (haute qualification, métiers intermédiaires, professions réglementées et talents d’exception), il a déjà émis moins de 800 invitations en un mois.
Un chiffre dérisoire au regard des besoins réels de l’économie québécoise. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) évalue à 106 000 travailleurs immigrants par an (permanents et temporaires) le seuil minimal pour répondre à la demande du marché — soit un ordre de grandeur 20 fois supérieur aux tirages actuels.
Pour sa part, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) dénonce la réduction drastique du flux migratoire comme un frein grave à la compétitivité économique : « des entreprises contraintes de refuser des contrats, de retarder leurs projets, voire de freiner leur croissance. »
Les données de l’Institut du Québec confirment cette inquiétude : si les pénuries semblent s’atténuer au niveau macroéconomique, certains secteurs — santé, construction, métiers spécialisés — restent en forte tension, victimes d’un manque criant de travailleurs qualifiés.
Ce qui nous ramène à un paradoxe alarmant : d’un côté, des besoins criants ; de l’autre, une politique migratoire restrictive, déconnectée de la réalité, incapable d’y répondre. Pourquoi continuer à fermer la porte alors que le Québec a besoin de bras… et de cerveaux ?
Certes, le PSTQ vise à accueillir des immigrants de manière permanente, alors qu’une partie des besoins actuels est comblée par des travailleurs temporaires. Toutefois, le gouvernement doit comprendre qu’il est plus logique de miser sur l’immigration permanente, tant pour la pérennité de la province que pour la stabilité de l’immigrant lui-même.
Pour le Québec, bien sûr, car la croissance économique — recherchée par toutes les provinces — nécessite une vision de long terme, incompatible avec une immigration strictement temporaire.
Pour l’étranger surtout, car l’immigrant n’est pas un outil ni un objet à « obsolescence programmée ». Si le Québec souhaite attirer une main-d’œuvre étrangère — malgré des conditions parfois trop strictes — cela doit se faire dans un esprit de bonne foi et de cohérence. Deux qualités qui manquent cruellement aux politiques actuelles en matière d’immigration.
Le PSTQ est un outil moderne… mais à l’efficacité limitée par son cadre trop rigide. À moins d’un ajustement rapide (hausse des tirages, réouverture du PEQ, meilleure intégration), le Québec risque de perdre des talents au profit d’autres provinces plus accueillantes… voire d’autres pays plus pragmatiques.
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