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Immigration au Québec : le PSTQ remplace le PEQ, mais change profondément la logique de sélection

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

Depuis plusieurs années, l’immigration économique au Québec connaît une transformation importante. L’un des changements les plus marquants concerne la disparition progressive du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) tel qu’il existait auparavant, remplacé par une nouvelle approche reposant notamment sur le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).


Ce changement a suscité de nombreuses critiques, notamment chez les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants internationaux qui voyaient dans le PEQ une voie relativement claire et prévisible vers la résidence permanente.


Cependant, la réalité est plus nuancée : si le PEQ offrait une voie directe pour certains profils, le PSTQ permet désormais la sélection de profils qui n’auraient probablement jamais été sélectionnés dans l’ancien système.


Le PEQ : un programme simple et prévisible

Pendant de nombreuses années, le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) a constitué l’une des principales voies d’accès à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers et les diplômés du Québec.

Le principe était relativement simple.

Un travailleur étranger qui occupait un emploi qualifié au Québec pendant une certaine période et qui démontrait une connaissance suffisante du français pouvait généralement présenter une demande de Certificat de sélection du Québec (CSQ).

Ce programme offrait plusieurs avantages :

  • des critères relativement clairs

  • un processus relativement rapide

  • une certaine prévisibilité pour les candidats.

Pour de nombreux travailleurs étrangers, notamment dans les secteurs de la technologie, de l’ingénierie ou de l’administration, le PEQ représentait une voie directe vers la résidence permanente.

La disparition du PEQ et la transition vers le PSTQ

Au fil des années, le gouvernement du Québec a toutefois exprimé certaines préoccupations concernant le fonctionnement du PEQ.

Le principal reproche formulé était que le programme ne permettait pas toujours d’aligner la sélection des candidats avec les besoins économiques spécifiques des différentes régions du Québec.

Dans ce contexte, le gouvernement a progressivement réorienté sa politique d’immigration vers un système plus sélectif et plus régionalisé.

Cette réforme s’est traduite par la mise en place du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui repose sur plusieurs volets et sur une sélection basée sur différents facteurs économiques.

Une critique fréquente : un système moins prévisible

La transition vers le PSTQ a suscité de nombreuses critiques.

Contrairement au PEQ, qui reposait sur des critères relativement objectifs, le PSTQ fonctionne sur la base d’un système d’invitations.

Cela signifie que :

  • tous les candidats admissibles ne sont pas nécessairement invités

  • les seuils de sélection peuvent varier

  • la fréquence des tirages peut être difficile à anticiper.

Pour certains candidats, cette situation crée un sentiment d’incertitude.

Des travailleurs étrangers qui pensaient pouvoir accéder à la résidence permanente via le PEQ se retrouvent aujourd’hui dans un système où l’obtention d’une invitation n’est pas garantie, même si les critères de base sont remplis.


Une réalité souvent oubliée : le PSTQ permet aussi de sélectionner des profils qui n’auraient jamais été admissibles au PEQ


Malgré ces critiques, il est important de souligner que le PSTQ présente également certaines caractéristiques qui peuvent bénéficier à d’autres profils.

En effet, le PEQ était principalement accessible aux travailleurs occupant des emplois qualifiés, généralement classés dans les catégories supérieures de la classification nationale des professions.

Cela excluait de nombreux travailleurs occupant des emplois considérés comme moins qualifiés.

Le PSTQ introduit une approche différente, notamment en prenant davantage en compte les besoins économiques des régions du Québec.

Dans certains cas, cette approche permet la sélection de travailleurs occupant des emplois dans des secteurs essentiels, même lorsque ces emplois appartiennent à des catégories professionnelles moins élevées.


L’exemple du secteur de la restauration

Le secteur de la restauration constitue un exemple particulièrement révélateur de cette évolution.

Dans l’ancien système, plusieurs travailleurs de ce secteur n’étaient pas admissibles au PEQ, notamment lorsque leur profession appartenait à des catégories professionnelles considérées comme moins qualifiées.

Aujourd’hui, dans le cadre du PSTQ, certains travailleurs de la restauration peuvent être sélectionnés dans des contextes spécifiques, notamment lorsqu’ils occupent un emploi dans une région située à l’extérieur du Grand Montréal.

Cette logique vise à répondre aux besoins économiques de plusieurs régions du Québec qui connaissent des difficultés importantes de recrutement.

Ainsi, des travailleurs qui n’auraient probablement jamais pu accéder à la résidence permanente via le PEQ peuvent aujourd’hui être sélectionnés dans le cadre du PSTQ.


Une politique visant la régionalisation de l’immigration

L’un des objectifs affichés par le gouvernement du Québec est de favoriser une meilleure répartition des immigrants à travers l’ensemble du territoire.

Le Grand Montréal concentre historiquement une grande partie de l’immigration économique.

Le PSTQ cherche à encourager l’installation des nouveaux arrivants dans d’autres régions du Québec, où les besoins de main-d’œuvre sont parfois plus importants.

Dans cette perspective, certains candidats travaillant dans des secteurs essentiels en région peuvent bénéficier d’une priorité dans les sélections.


Une transformation profonde du modèle d’immigration québécois

La transition du PEQ vers le PSTQ marque donc un changement important dans la philosophie de la sélection des immigrants économiques au Québec.

Le système est désormais davantage orienté vers :

  • les besoins économiques des régions

  • la gestion stratégique des invitations

  • une sélection plus ciblée de certains profils.

Ce changement crée à la fois de nouvelles opportunités pour certains travailleurs et une incertitude accrue pour d’autres.


Cet article n'a pas pour but de soutenir l'abolition du PEQ qui, selon nous, est une erreur monumentale.


La disparition progressive du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) a profondément modifié le paysage de l’immigration économique au Québec.


Si le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) suscite certaines critiques en raison de son manque de prévisibilité, il introduit également une approche plus ciblée qui peut bénéficier à certains secteurs et à certaines régions.


Dans certains cas, des travailleurs qui n’auraient pas été admissibles au PEQ peuvent désormais être sélectionnés dans le cadre du PSTQ, notamment lorsqu’ils occupent un emploi dans un secteur essentiel ou dans une région en manque de main-d’œuvre.

Dans tous les cas, une analyse personnalisée du profil d’un candidat demeure essentielle afin de déterminer la stratégie d’immigration la plus adaptée.

 
 
 

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