Baisse du chômage à Montréal : quelles répercussions réelles sur les EIMT à bas salaire au Québec ?
- Mehdi Tenouri
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture

Les règles encadrant le recours aux travailleurs étrangers temporaires reposent sur un équilibre délicat entre les besoins des employeurs et la protection du marché du travail canadien. Dans ce contexte, les taux de chômage par région métropolitaine de recensement (RMR) constituent un levier déterminant pour l’admissibilité des demandes d’Évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) dans le volet à bas salaire.
Mise à jour fédérale – janvier 2026
Il y a quelques jours, Emploi et Développement social Canada (EDSC) a procédé à l’actualisation périodique des indicateurs de chômage utilisés dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Ces données servent notamment à déterminer si une région peut recevoir des demandes d’EIMT visant des postes à bas salaire.
Un seuil franchi… avec des effets limités
La région métropolitaine de Montréal affiche désormais un taux de chômage inférieur à 6 %, établi à 5,5 %. Sur le plan fédéral, ce seuil constitue un critère de recevabilité. Toutefois, cette évolution statistique ne produit pas automatiquement les mêmes effets au Québec.
Le cadre québécois demeure prépondérant
En parallèle des règles fédérales, le Québec maintient une suspension administrative des demandes d’EIMT et de CAQ à bas salaire dans certaines régions, dont Montréal et Laval. Cette orientation, confirmée par le Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), restreint l’accès au programme malgré la baisse du taux de chômage.
Concrètement, seuls certains secteurs jugés essentiels continuent de bénéficier d’exemptions permettant le dépôt de demandes.
Secteurs toujours admissibles à Montréal et Laval
Les employeurs établis dans ces régions peuvent présenter une demande d’EIMT à bas salaire uniquement lorsque le poste relève notamment :
de l’agriculture primaire ;
de la construction ;
de la santé et des services sociaux, incluant les services de garde ;
de l’enseignement primaire ou secondaire ;
de la fabrication d’aliments et de boissons ;
des soins à domicile requis pour des besoins médicaux.
Un contexte plus favorable hors de Montréal et Laval
À l’extérieur de ces régions administratives — notamment sur la Rive-Nord (Lanaudière, Laurentides) et la Rive-Sud (Montérégie) — les employeurs bénéficient d’un cadre réglementaire plus ouvert. Les demandes d’EIMT à bas salaire y redeviennent recevables, sous réserve du respect des critères usuels du PTET.
Ce qu’il faut retenir avant de déposer une demande d’EIMT à bas salaire :
Le taux de chômage fédéral est un filtre initial, mais non suffisant au Québec.
La localisation exacte de l’établissement (région administrative, et non seulement RMR) est déterminante.
L’admissibilité dépend autant du secteur d’activité que du taux de chômage régional.
Une erreur d’analyse peut entraîner un refus immédiat, sans examen au fond.
Une planification stratégique est essentielle avant toute publication d’offre ou dépôt de demande.



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